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Dansons nous tandis que le monde brûle?

Reviewed By: Open Floor Blog Editor

My Review:

Quel sens a la pratique de l’Open Floor à notre époque d’urgence climatique et sociale? Devrais-je plutôt travailler chez Greenpeace ou faire de la politique? Comme vous pouvez le deviner à la lecture de mes propositions de stage, je n’ai pas décidé pour l’instant de changer radicalement de carrière.
Chacun d’entre nous mène son combat où il peut, et comme il veut, pour aider à préserver l’environnement, et contribuer à donner à l’humanité un avenir plus radieux, plus en accord avec le tout, ou lui donner un avenir tout court!

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Author: Lucie Nérot

Language availability: English, French

Description:

Peut-être connaissez vous l’expression “jouer du violon pendant que Rome brûle”, qui fait référence à une légende – inexacte – disant que Néron a joué du violon sur les hauteurs de Rome en la regardant brûler. Depuis quelques jours, nous sommes abreuvés de photos de l’Amazonie qui brûle et je me demande, une fois encore, si nous nous contentons de danser tandis que le monde brûle.
Autrement dit quel sens a la pratique de l’Open Floor à notre époque d’urgence climatique et sociale? Devrais-je plutôt travailler chez Greenpeace ou faire de la politique?
Comme vous pouvez le deviner à la lecture de mes propositions de stage, je n’ai pas décidé pour l’instant de changer radicalement de carrière.
Chacun d’entre nous mène son combat où il peut, et comme il veut, pour aider à préserver l’environnement, et contribuer à donner à l’humanité un avenir plus radieux, plus en accord avec le tout, ou lui donner un avenir tout court!
Quel que soit votre combat, voici mes 4 Raisons de continuer à danser et pratiquer l’Open Floor (ou une pratique similaire). Cela permet de créer des espaces pour :
  • Se ressourcer. Pour continuer à vivre en conscience dans ce monde où nous sommes bombardés de nouvelles menaçantes, et constamment sollicités, les temps de ressourcement sont indispensables. Dans la danse, dans la relation en mouvement, par le corps, notre organisme et notre être tout entier accède à d’immenses ressources dont la vie quotidienne a tendance à le couper. Le simple fait de danser apporte au corps un bien-être qui se traduit au niveau émotionnel et mental. Le mot clé de la pratique de l’Open Floor est “ressources de mouvement”, ce qui me semble en phase avec les besoins de l’époque. Elles nous donnent accès aux ressources de notre corps, de notre ressenti émotionnel, de notre intelligence, de notre inconscient, de l’inconscient collectif, et nous ouvrent à plus grand que nous, à la “Source”. Quand les batteries sont à plat notre moi de survie va nous anesthésier, nous pousser au jugement, à la culpabilité qui paralyse, ou vers le burn-out, le déni, la sur-consommation etc. bref nous aurons tendance à aggraver le problème au lieu de contribuer à une solution. Parfois il nous faut juste une pause pour danser, danser, danser, et recharger les batteries pour pouvoir repartir au “combat”.
  • Accepter que nous sommes tous reliés. Nous savons désormais que l’individu isolé est au fond une illusion : nous existons en connexion, même quand nous nous sentons seuls, même quand nous voudrions n’avoir rien à voir avec l’Indien d’Amazonie dont la forêt brûle, avec le sans-abri qui mendie en bas de chez nous, avec les animaux sacrifiés à notre mode de vie. C’est une des grandes opportunités de ce siècle que de comprendre enfin que nous sommes tous Terriens, plus que Français, Anglais, Américains, Iraniens, Brésiliens etc., que nous sommes des êtres vivants parmi les autres, que nous dépendons d’eux comme ils dépendent de nous. L’Open Floor inclue constamment toutes les dimensions de la relation, la conscience de notre soif de solitude, de connexion, d’appartenance, de reliance. A force de danser, de cultiver nos ressources de mouvement (comme m’enraciner en moi, et plonger mes racines dans la terre commune, comme connaître mes limites et laisser se dissoudre les frontières), nous arrivons à sentir que nous sommes reliés, et la porte s’ouvre vers la conscience du bien commun. Ceci dit, cela se manifeste par des perceptions, des sensations, des ressentis émotionnels, des pensées, des images, un flux incroyablement complexe d’informations qui changent sans cesse. Comment les accueillir, les “traiter” et avoir une action juste?
  • Accueillir ce qui est et laisser naître l’action juste. Ce flux d’informations nous est nécessaire pour agir intelligemment, mais nous sommes souvent débordés et nous nous coupons de certaines sources d’informations, de certaines sensations, de certains ressentis émotionnels, ou carrément de perceptions visuelles, auditives. Nous avons appris à faire cela depuis l’enfance, pour survivre psychologiquement, pour développer un moi. En tant qu’adulte, il est temps d’apprendre à trouver l’enracinement dans le corps et l’instant présent qui nous permet d’accueillir plus de réel. Les adultes qui nient la réalité du changement climatique et de la chute de la biodiversité sont restés au stade de l’enfant, et se protègent d’un réel qui ne leur convient pas en se clivant. Cet été, en marchant, j’ai entendu l’assourdissant silence – ni vrombissement d’insectes ni foisonnement des chants d’oiseaux dans le Haut Languedoc ; j’ai vu les terres brûlées par la sécheresse exceptionnelle, et j’imagine que chacun d’entre vous a eu son expérience. Il n’est pas facile d’accueillir ce réel-là, nous pouvons ressentir de la tristesse, de la colère, de la peur, du désespoir. En Open Floor, les ressources de mouvement nous permettent d’accueillir ces sentiments difficiles, de les laisser s’exprimer, sans se laisser engloutir, pour qu’ils retrouvent leur fluidité naturelle. Ils sont alors une boussole qui vient nourrir notre engagement et notre action dans le monde.
  • Devenir source d’abondance et de créativité : réchauffement climatique, disparition des ressources dans certaines régions, croissance des tensions, guerres, réfugiés, tout cela vient menacer le cocon de survie que nous nous sommes construits. Soit nous restons dans la réaction de survie et nous déployons nos compétences pour sauvegarder notre pré carré et celui de nos proches, de notre groupe national, ethnique, social; soit nous prenons le chemin de devenir source d’abondance et de créativité. Ou plutôt nous le prenons aussi, en acceptant que la réaction de survie fait partie de notre nature. Lutter contre la partie de nous qui cherche à assurer notre survie est vain et contre-productif, mais elle n’est pas obligée d’occuper toute la scène ou même le devant de la scène. Dans “connais-toi toi-même” il y a peut-être “connais ton moi de survie et aussi ton potentiel sans limite”.  En Open Floor, nous apprenons à nous connaître nous-même dans toutes nos dimensions, dans toutes les dimensions de la relation. Nous apprenons aussi à aller au-delà de nos habitudes et développer notre créativité. Nous apprenons par l’expérience que “Moi” n’est pas une chose mais un processus sans cesse en mouvement. Et, après un certain temps de pratique, chacun.e vit des moments de grâce où il/elle fait un avec le moment présent et avec le tout, corps coeur esprit âme alignés et dissous en même temps, il n’y a plus de question : retour à la source. A ce moment-là nous n’avons besoin ni d’une nouvelle robe, ni du dernier cri de la technologie, ni d’un voyage à l’autre bout du monde pour que la vie ait un sens. En faisant ainsi l’expérience d’une vastitude qui englobe tous les aspects du moi, nous cultivons le muscle de la conscience, la possibilité du choix, nous pouvons sortir des cases de nos habitudes, de celles de notre culture et aborder l’avenir en canalisant vers l’ensemble du vivant les incroyables capacités qui sont les nôtres.

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